À quoi sert un trépied en photo ?

À quoi sert un trépied, par Le Photidien
À la lecture de son titre, cet article peut paraitre inutile. À quoi sert un trépied ?  « À stabiliser ton appareil photo, ducon », me répondrez-vous sans doute mentalement. Mais je tiens à développer quand-même, car le trépied est sans conteste l’équipement qui ajoute le plus de fonctionnalités à votre appareil photo. Par conséquent, d’options à votre créativité.
Voici un panorama des upgrades que cet outil vous permet de faire dans votre pratique photo, et dont il serait dommage de vous priver. Un trépied, ça sert :

1. À la composition

Poser son trépied au milieu d’un paysage pour le photographier, c’est un peu comme y poser son chevalet pour le peindre : cela implique que l’artiste se soit préalablement déplacé autour du sujet pour en comparer les différents points de vue, avant de choisir le bon.
Puis, une fois l’appareil fixé au sommet du tripode à l’endroit voulu, intervient la phase de cadrage et ses différentes options. Utiliser un trépied amène le photographe à prendre le temps de se poser des questions qu’il ne se poserait pas ( ou moins ) en l’absence de cet instrument.
Et ces questions sont autant de choix techniques et de partis-pris artistiques qui font la qualité d’une photo.

2. À la netteté de l’image

Stabiliser son appareil permet d’éviter les flous « de bougé » du photographe.
Ce conseil a l’air simpliste, mais combien de fois ai-je vu des personnes enrager de produire des images floues « malgré les 36 millions de pixels de leur appareil qui leur a coûté une fortune ». À ceux-ci je dis : même 80 millions de pixels ne résoudront pas votre problème. Alors qu’un simple trépied, oui. Et il vous permettra de tirer le meilleur de la qualité d’image de votre appareil photo.

3. Par faible lumière

Ce paragraphe rejoint un peu la problématique du précédent, puisque c’est notamment dans des conditions de faible lumière qu’on augment le temps d’ouverture, et qu’apparaissent les « flous de bougé » dus aux mouvements du photographe pendant le temps de pose.
En stabilisant votre appareil sur un trépied, vous pouvez augmenter le temps de pose à volonté en fonction de la luminosité disponible, en conservant une netteté impeccable. Vous dispensez également votre capteur de monter trop haut dans les  iso, donc vous épargnez votre photo d’un « bruit iso » rarement esthétique. À vous les clairs-obscurs ténébreux, les natures mortes façon peinture flamande, et autres plaisirs qui se jouent entre chien et loup.

4. Pour l’animalier

Choisissez votre emplacement, préparez votre cadre et vos réglages aux petits oignons, placez un appât et disparaissez.
Votre trépied est à l’affût à votre place, et la faune ne va pas tarder à l’oublier. Il ne vous reste plus qu’à déclencher à distance quand un animal se présente dans le champ.

5. Pour la photo de rue

En photo de rue, on dit souvent que plus l’appareil photo est petit et discret, mieux c’est, afin de ne pas éveiller les soupçons des sujets photographiés à leur insu. C’est une réalité que je ne contredirai pas. Mais il existe une seconde technique, que j’affectionne et pratique : celle du « plus c’est gros, plus ça passe inaperçu ».
Le principe est le même que pour l’animalier : posez votre trépied à un endroit qui peut laisser croire que vous photographiez un élément du décor ( une place, un bâtiment, une fontaine…) Effectuez vos réglages bien comme il faut, puis écartez-vous d’un pas de l’appareil photo, télécommande à la main.
Ici, pas besoin d’appât. Faites mine de réfléchir à votre prise de vue en observant le décor. Dès qu’un sujet intéressant passe dans le cadre, déclenchez.
Détails importants :  pensez préalablement à désactiver l’assistance lumineuse de votre autofocus, et n’utilisez pas de flash, évidemment.

6. Pour les natures mortes

La nature morte est un art de précision : précision de la composition, précision de l’éclairage… Alors quand on a trouvé la bonne composition et le bon cadre, il est indispensable de pouvoir les figer une bonne fois pour toutes, afin de régler tranquillement la lumière qui va donner vie à l’ensemble.
Cela présente l’avantage, sur la base d’un cadre strictement identique, de vous permettre d’essayer plusieurs hypothèses d’éclairage, ce qui est très intéressant. Vous pourrez également, le cas échéant, intervenir avec toute la précision que vous souhaitez, sur les éléments de votre arrière-plan.
Bref, le trépied est la base indispensable pour contrôler à 100% une image.

7. Pour la macro

Un trépied peut rendre de grands services en macro ( pour les sujets immobiles évidemment ).
Car l’une des principales difficultés en macro, c’est de contrôler sa zone de netteté avec des profondeurs de champ qui se jouent au millimètre. Dans des conditions d’éclairage qui laissent bien souvent l’autofocus vriller en roue libre sans jamais trouver de point suffisamment contrasté pour se fixer.
Il est donc très souvent nécessaire de faire son point manuellement en macro. Et pour faire un point manuellement, à l’intérieur d’une profondeur de champ de quelques millimètres, mieux vaut un appareil bien stable et immobile. À fortiori pour des techniques comme le stacking.
Utiliser un trépied en macro vous laisse également l’option de travailler l’éclairage de votre sujet, comme évoqué au paragraphe précédent sur la nature-morte.

8. Pour la pose longue

Temps d’ouverture prolongé = besoin de stabilité.
(Pour réaliser la photo qui illustre ce post -un explozoom de 25 secondes- sans trépied, j’aurais franchement galéré).

9. Pour les panoramiques

Pour des clichés bien alignés.

10. Pour le HDR

Pour des clichés parfaitement superposés.

11. Pour l’autoportrait

Le trépied tient l’appareil pendant que vous jouez votre rôle de sujet.

12. Pour l’ubiquité

Pour faire apparaître 2 fois (ou plus) un même sujet sur une même photo :
– 2 prises de vue sur trépied avec le sujet qui change de place.
– Un peu de post-production pour sélectionner et coller les 2 parties qui nous intéressent, et voilà !
(Merci à Fil, de l’excellent blog Filimages, pour cette 12ème idée proposée en commentaire).

Voilà. Le trépied c’est le pied (désolé je n’aurais pas pu terminer ce post sans la faire).
Du coup, allez hop : je sors.

4 commentaires

  1. Tout est parfaitement juste et j’ajoute un 12 exemple (parce que j’aime bien participer) :
    Pour faire apparaître 2 fois (ou plus) un même sujet sur une même photo. 2 prises de vue sur trépied avec le sujet qui change de place. Un peu de post-production pour sélectionner et coller les 2 parties qui nous intéressent, et voilà !

    Elle est vraiment top, ta photo « Radisson » d’illustration !

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